
Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde.
De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l’Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l’égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit.
Poussé par l’adrénaline, par un courage hors du commun et par l’envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques.
Jusqu’au risque de trop. Jusqu’au drame…
Ne pas flancher, ne pas s’effondrer. Ne pas perdre la raison.
Choisir.
Sauver cette jeune fille, condamner cet adolescent. Soigner ce quadragénaire, laisser mourir cet enfant.
Choisir.
Endurer les suppliques d’une mère, d’un père.
Certains tombent à genoux devant lui, comme s’il était Dieu.
Choisir.
Tenter de sauver cette femme. Sacrifier sa petite fille qui n’a que peu de chances de survivre à ses blessures.
Choisir.
Et chaque fois, mourir un peu.
Karine Giebel nous parle dans son roman de tous les différents conflits qu’il y a pu avoir et qu’il y a encore à travers le monde de 1992 à 2010. Nous faisons la connaissance de Grégory, infirmier pour la Croix-Rouge, qui tant bien que mal essaye de sauver des vies martyrisées par ses années de guerres qui vont lui laisser des traumatismes psychologiques à vie. L’autrice nous confronte à l’atrocité et à la barbarie humaines (viols, mutilations, des familles entières décimées). L’odeur du sang, les relents de la haine et les yeux des enfants orphelins et estropiés, ce qui peut en dérouter certains. J’ai aimé ma lecture, car Karine Giebel a une plume magnifique, elle s’est touchée là où ça fait mal et grâce à elle, on se rend compte du réalisme de la guerre dans toute son horreur avec des touches d’espoir pour certaines victimes sauvées.
