🌞Les femmes de l’Islam- Marek Halter – 1186 pages

🌞 La naissance de l’islam, c’est d’abord l’histoire d’une femme, Khadija. La première épouse du Prophète, celle qui l’aimait quand il n’était qu’un jeune caravanier, celle qui avant tous lui a dit : « Moi, je crois. » Le rayonnement de l’islam, c’est ensuite le combat de leur fille, la rebelle Fatima. Lorsque La Mecque devient trop dangereuse pour Muhammad, elle l’accompagne dans sa longue marche vers Yatrib, future Médine. Voilà l’hégire, qui marque le début du calendrier musulman. Mais après la naissance d’Hassan, le premier fils de Fatima, l’opposition entre chiites et sunnites se profile déjà à l’horizon. Fatima est celle qui a dit : « Nous pouvons. » La transmission de l’islam, ce sera le rôle de la dernière épouse du Prophète, Aïcha. Après la mort de Muhammad, elle prend la plume pour diffuser sa parole. Considérée comme la « Mère des croyants », elle témoigne des conflits qui ensanglantent encore aujourd’hui le monde musulman. Elle est celle qui a dit : « Je me souviens. » Cette intégrale réunit la trilogie des Femmes de l’islam.

🌞 J’ai apprécié cette lecture, qui m’a permis de découvrir une période historique que je connaissais finalement assez peu. J’ai trouvé intéressant de suivre les débuts de l’islam à travers le regard de personnages féminins, ce qui apporte une perspective originale et humaine aux événements racontés. J’ai particulièrement aimé le tome consacré à Khadija, que j’ai trouvé plus fluide et plus accessible. Le tome sur Fatima m’a davantage intéressé pour son aspect historique, même si certains passages m’ont semblé assez longs en raison des nombreuses réflexions et discussions religieuses. J’ai eu un ressenti similaire avec le tome consacré à Aicha. J’ai apprécié découvrir son rôle et son importance dans l’histoire, mais j’ai parfois trouvé le récit plus dense et plus lent, notamment lorsque les questions religieuses prenaient une place importante. J’ai pris plaisir à découvrir les personnages et le contexte historique, même si certains développements spirituels m’ont paru un peu trop présents par moments.

✨Les chroniques de l’érable et du cerisier T2- Camille Monceaux – 419 pages

✨ Bouleversé par la disparition de Hiinahime, Ichirô, jeune samouraï, n’a qu’une seule idée en tête, retrouver l’assassin et venger la mort de son maître. Il souhaite également rendre le mystérieux sabre à un seigneur d’Osaka et ainsi exaucer le dernier souhait de Hiinahime. Pour cela, il intègre le clan Sanada.

✨ J’ai terminé Les Chroniques de l’Érable et du Cerisier – Tome 2 : Le Sabre des Sanada de Camille Monceaux.
J’ai trouvé le début assez lent, avec beaucoup de passages consacrés au voyage, à la politique et à la mise en place des enjeux. Le rythme m’a parfois donné une impression de montagnes russes, alternant entre moments très calmes et scènes beaucoup plus intenses. Cependant, plus j’avançais dans ma lecture, plus je me suis attaché aux personnages, notamment à Ichirô, qui gagne en maturité et en profondeur. La seconde moitié est beaucoup plus prenante et les enjeux deviennent de plus en plus importants. Même si ce n’est pas mon tome préféré de la série pour l’instant, j’ai apprécié son développement des personnages, son immersion dans le Japon féodal et sa fin qui donne envie de découvrir la suite. Une lecture parfois inégale dans son rythme, mais riche en émotions et en évolution des personnages.

✨La tristesse du samourai- Victor Del Arbol- 351 pages

✨ En ce rude hiver 1941, une femme élégante arpente les quais de la gare de Mérida au petit matin. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train pour Lisbonne partira sans elle, qui vient de disparaître pour toujours. L’enfant rentre seul chez son père, obnubilé par le sabre qu’un homme vient de lui promettre.
Des années plus tard, une avocate envoie sous les verrous un inspecteur jugé coupable d’une bavure. Elle ne sait pas qu’elle ouvre ainsi une terrible boîte de Pandore, libérant quatre décennies de vengeance et de haine dont elle ignore tout et qui pourtant coulent dans ses veines. Se jouant d’un contexte historique opaque, de l’après-guerre espagnol à la tentative de coup d’Etat de février 1981, «La Tristesse du Samouraï» est un intense thriller psychologique qui suit trois générations marquées au fer rouge par une femme infidèle. L’incartade a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel.

✨ J’ai terminé La Tristesse du samouraï et quelle lecture…
C’est un roman sombre, intense et très humain, où les secrets, les blessures du passé et les relations entre les personnages prennent énormément de place. Au début il faut vraiment être concentré parce qu’il y a plusieurs timelines et beaucoup de personnages, mais une fois plongée dedans, impossible de décrocher.
Plus l’histoire avance, plus les révélations s’enchaînent et tout finit par se relier de manière assez marquante.
Je l’ai lu en LC avec une abonnée Insta et c’était encore plus sympa de partager nos théories et nos réactions au fil des chapitres.
“ La fin m’a plu pour le côté “tout s’assemble enfin”, mais je crois qu’il me manquait encore un dernier échange entre certains personnages pour être totalement satisfaite. »

✨La sage-femme d’Auschwitz- Anna Stuart -472 pages

✨ Lorsqu’elle arrive à Auschwitz, sous un ciel bas et gris, Ana est persuadée qu’elle ne survivra pas à l’enfer du camp. Mais elle possède une compétence que les nazis recherchent : elle est sage-femme.

Son travail sera de donner naissance aux enfants des autres prisonnières. Une mission terrible car, dès qu’ils ont poussé leur premier cri, les nouveau-nés sont arrachés à leurs mères et donnés à des familles allemandes.

Malgré la détresse de ces femmes à qui on vole leurs bébés, Ana essaie d’apporter un peu de réconfort autour d’elle. Et puis un jour, elle réalise qu’elle peut faire plus. Secrètement, elle commence à tatouer les petits avec les numéros de déportées de leurs mères.

Une lueur d’espoir dans ce monde d’une infinie noirceur : et si un jour, après l’horreur de la guerre, grâce à ce petit geste, ces enfants et leurs mères pouvaient se retrouver ?

✨ Je viens de terminer La Sage-femme d’Auschwitz et je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture. C’est un roman profondément bouleversant, qui plonge au cœur de l’horreur des camps tout en mettant en lumière des élans d’humanité incroyables. J’ai été particulièrement marquée par le rôle de la sage-femme, symbole de vie dans un lieu où tout est fait pour la détruire. Le récit est dur, parfois difficile à lire, mais nécessaire. Il montre la force, le courage et la résilience de femmes confrontées à l’impensable. J’ai aussi trouvé intéressant le traitement du sujet des Lebensborn, que je connaissais déjà grâce à Max de Sara Cohen-Scali, mais abordé ici dans un contexte encore plus troublant. Ce livre rappelle à quel point il est important de se souvenir, de comprendre et de transmettre. Une lecture marquante que je n’oublierai pas.

✨ James – Percival Everett –

✨ « Ces gamins blancs, Huck et Tom, m’observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j’étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. […] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent. »

Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable.

James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne.

✨ C’est une histoire avec un grand « H » qui parle de l’esclavage et je trouve que l’auteur en parle très bien. Je dois avouer que je ne connaissais pas le roman original dont l’histoire est inspirée. Le livre montre à quel point la vie des esclaves était dure, avec beaucoup de peur et de souffrance. J’ai aussi beaucoup aimé les personnages de James et de Huck, leur complicité est très touchante. Le seul hic pour moi est la fin, que j’ai trouvée très rapide et un peu abrupte.

✨Les deux royaumes T5 – Eric-Emmanuel SCHMITT 

✨ L’immortel Noam s’est réfugié en Gaule où il assiste à l’épanouissement d’une Rome impériale gouvernée par Auguste puis par son neveu Tibère, posant un regard critique sur ses conceptions hégémoniques. Ses pas le conduisent jusqu’à Jérusalem où un certain Jésus tient un tout autre discours. Suite de cette histoire de l’humanité consacrée aux civilisations romaine et chrétienne.

✨ J’ai trouvé Les Deux Royaumes intéressant car il mêle l’histoire à une réflexion sur la spiritualité. À travers ce roman, Éric‑Emmanuel Schmitt nous emmène dans l’Antiquité, entre l’Empire romain et les débuts du christianisme. J’ai apprécié la manière dont l’histoire est racontée ainsi que les questions que le livre soulève sur le pouvoir et les croyances. La plume de l’auteur est toujours aussi belle et fluide, ce qui rend la lecture agréable. Le personnage de Noam est également intéressant à suivre dans son voyage et dans sa réflexion sur le monde. Toutefois, le récit comporte peu de rebondissements, ce qui peut rendre certaines parties plus calmes ou parfois un peu complexes.

🧜‍♀️ La sirène, le marchand et la courtisane  » – Imogen Hermes Gowar

🧜‍♀️ Un soir de septembre 1785, on frappe à la porte du logis du marchand Hancock. Sur le seuil, le capitaine d’un de ses navires. L’homme dit avoir vendu son bateau pour un trésor : une créature fabuleuse, pêchée en mer de Chine. Une sirène. Entre effroi et fascination, le Tout-Londres se presse pour voir la chimère. Et ce trésor va permettre à Mr Hancock d’entrer dans un monde de faste et de mondanités qui lui était jusqu’ici inaccessible. Lors d’une de ces fêtes somptueuses, il fait la connaissance d’Angelica Neal, la femme la plus désirable qu’il ait jamais vue… et courtisane de grand talent. Entre le timide marchand et la belle scandaleuse se noue une relation complexe, qui va les précipiter l’un et l’autre dans une spirale dangereuse.
Car les pouvoirs de la sirène ne sont pas que légende. Aveuglés par l’orgueil et la convoitise, tous ceux qui s’en approchent pourraient bien basculer dans la folie…

🧜‍♀️ Pour ma part, j’y ai davantage vu un roman historique qu’un véritable récit fantastique. L’histoire nous plonge dans le Londres de 1785, avec une atmosphère particulièrement réussie : on ressent les rues animées, les salons élégants, les tavernes bruyantes, les odeurs du port et les forts contrastes sociaux. L’ensemble est immersif et très vivant. On y découvre surtout deux personnages centraux. Angelica, brillante, ambitieuse et pourtant vulnérable, est sans doute la plus marquante. De son côté, Hancock est un marchand sans héroïsme spectaculaire, mais je l’ai trouvé très attachant et touchant dans sa simplicité. Quant à la sirène, mieux vaut ne pas en attendre un personnage flamboyant : elle reste en retrait. L’intrigue progresse par petites touches, davantage sur le plan psychologique que dans le spectaculaire. Ceux qui espèrent un grand mystère surnaturel risquent donc d’être un peu déçus.
Cela reste néanmoins un très bon roman historique, immersif, porté par des personnages complexes et une réflexion intéressante sur le pouvoir et l’ascension sociale.

 📔 Les carnets de l’ apothicaire – Natsu Hyuuga

📔 À dix-sept ans, Mao Mao mène une vie dangereuse. Formée dès son plus jeune âge par un apothicaire des bas-fonds de la capitale, elle se retrouve enlevée et vendue comme servante dans le quartier des femmes du palais impérial. Pour échapper à la mort dans cette forteresse coupée du monde extérieur où complots et machinations se succèdent, la jeune fille doit cacher ses connaissances – bref, se fondre dans la masse.

Mais quand les morts suspectes de princes nouveau-nés mettent la cour en émoi, la passion de Mao Mao pour son art reprend le dessus. À force d’observation, elle découvre le pot aux roses… et se retrouve repérée par Jinshi, un mystérieux haut fonctionnaire à la beauté étrange. Devinant ses talents, il la promeut goûteuse personnelle d’une des favorites de l’empereur. Or, au beau milieu de ce nid de serpents, le moindre faux pas pourrait être fatal à la jeune fille..

📔 J’ai trouvé le personnage principal, Mao Mao, intéressant et j’ai beaucoup apprécié la richesse et le niveau de détail apportés à l’univers de la cour impériale. Les différentes intrigues sont bien construites et les récits historiques m’ont permis de m’immerger facilement dans l’histoire. J’ai également beaucoup aimé les illustrations présentes dans le livre, que j’ai trouvées très belles et qui apportent un vrai plus à la lecture. En revanche, le rythme m’a parfois semblé lent et certaines répétitions dans la caractérisation des personnages ont rendu la lecture un peu plus lourde. J’ai néanmoins particulièrement apprécié les révélations autour de l’histoire familiale de Mao Mao.

🐺Le moulin du loup – Marie-Bernadette Dupuy

🐺 Amours impossibles et secrets de famille : en Charente, les aventures semées d’embûches d’une jeune fille rebelle et d’un bagnard, à la fin du XIXe siècle. Dans la vallée des Eaux-Claires, la jolie Claire, au tempérament rebelle, mène une jeunesse insouciante dans les ateliers du moulin où son père fabrique du papier et la campagne environnante où elle se promène avec le loup qu’elle a recueilli. Bientôt, tout s’effondre : accablé de dettes, son père la promet en mariage au fils d’un riche propriétaire, à qui elle voue une haine farouche. Or, un soir, Claire rencontre Jean, un jeune bagnard en cavale. La passion va lier ces deux êtres que tout oppose. Mais il est des chaînes impossibles à briser.

🐺 J’avais très envie de débuter cette saga, dont beaucoup de personnes parlent, pour me faire ma propre idée de la hype autour de ce livre. La plume fluide et immersive, la richesse des personnages et la description soignée des lieux témoignent du talent de l’autrice, qui parvient à nous faire voyager au cœur de cette région du XIXᵉ siècle. Néanmoins, le récit verse parfois dans un romanesque excessif, où les personnages enchaînent les épreuves sans jamais connaître de réelle accalmie. Je verrai ce que les prochains tomes réservent.

🏮Poupées de Chine- Lisa See 

🏮 San Francisco, 1938. Alors que la guerre se prépare en Europe, l’Exposition internationale s’apprête à ouvrir ses portes. Grâce, Helen et Ruby, trois jeunes femmes aux trajectoires différentes, se rencontrent par hasard au Forbidden City, un cabaret de nuit chic et sélect. Grâce Lee, Américaine d’origine chinoise, a quitté le Midwest pour fuir un père violent. Helen Fong veut échapper au carcan de sa famille chinoise traditionaliste. La sublime Ruby Tom défie quant à elle les conventions de l’époque avec son attitude provocatrice et son ambition sans limites.
Devenues meilleures amies, elles affrontent main dans la main imprévus et revers de fortune. Mais l’attaque de Pearl Harbor vient bientôt bouleverser leurs vies. Trouveront-elles le courage et la volonté de faire de leurs rêves une réalité ?
Dans le monde entier, la critique et le public ont salué le don de conteuse de Lisa See ainsi que son talent pour représenter les relations subtiles et complexes entre les femmes.

🏮 Le roman propose un cadre historique immersif en nous plongeant dans le San Francisco des années 1930-1940, et met en scène trois femmes aux profils très différents, chacune animée par ses ambitions, ses secrets et les épreuves qu’elle traverse. Les thèmes abordés — comme le racisme, la guerre ou encore la solidarité féminine — sont pertinents et donnent de la profondeur au récit. Toutefois, leur traitement reste parfois en surface et manque d’impact. De plus, la conclusion, assez prévisible, ne parvient pas à surprendre et laisse une impression de facilité.