✨La sage-femme d’Auschwitz- Anna Stuart -472 pages

✨ Lorsqu’elle arrive à Auschwitz, sous un ciel bas et gris, Ana est persuadée qu’elle ne survivra pas à l’enfer du camp. Mais elle possède une compétence que les nazis recherchent : elle est sage-femme.

Son travail sera de donner naissance aux enfants des autres prisonnières. Une mission terrible car, dès qu’ils ont poussé leur premier cri, les nouveau-nés sont arrachés à leurs mères et donnés à des familles allemandes.

Malgré la détresse de ces femmes à qui on vole leurs bébés, Ana essaie d’apporter un peu de réconfort autour d’elle. Et puis un jour, elle réalise qu’elle peut faire plus. Secrètement, elle commence à tatouer les petits avec les numéros de déportées de leurs mères.

Une lueur d’espoir dans ce monde d’une infinie noirceur : et si un jour, après l’horreur de la guerre, grâce à ce petit geste, ces enfants et leurs mères pouvaient se retrouver ?

✨ Je viens de terminer La Sage-femme d’Auschwitz et je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture. C’est un roman profondément bouleversant, qui plonge au cœur de l’horreur des camps tout en mettant en lumière des élans d’humanité incroyables. J’ai été particulièrement marquée par le rôle de la sage-femme, symbole de vie dans un lieu où tout est fait pour la détruire. Le récit est dur, parfois difficile à lire, mais nécessaire. Il montre la force, le courage et la résilience de femmes confrontées à l’impensable. J’ai aussi trouvé intéressant le traitement du sujet des Lebensborn, que je connaissais déjà grâce à Max de Sara Cohen-Scali, mais abordé ici dans un contexte encore plus troublant. Ce livre rappelle à quel point il est important de se souvenir, de comprendre et de transmettre. Une lecture marquante que je n’oublierai pas.

✨ James – Percival Everett –

✨ « Ces gamins blancs, Huck et Tom, m’observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j’étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. […] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent. »

Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable.

James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne.

✨ C’est une histoire avec un grand « H » qui parle de l’esclavage et je trouve que l’auteur en parle très bien. Je dois avouer que je ne connaissais pas le roman original dont l’histoire est inspirée. Le livre montre à quel point la vie des esclaves était dure, avec beaucoup de peur et de souffrance. J’ai aussi beaucoup aimé les personnages de James et de Huck, leur complicité est très touchante. Le seul hic pour moi est la fin, que j’ai trouvée très rapide et un peu abrupte.

✨Les deux royaumes T5 – Eric-Emmanuel SCHMITT 

✨ L’immortel Noam s’est réfugié en Gaule où il assiste à l’épanouissement d’une Rome impériale gouvernée par Auguste puis par son neveu Tibère, posant un regard critique sur ses conceptions hégémoniques. Ses pas le conduisent jusqu’à Jérusalem où un certain Jésus tient un tout autre discours. Suite de cette histoire de l’humanité consacrée aux civilisations romaine et chrétienne.

✨ J’ai trouvé Les Deux Royaumes intéressant car il mêle l’histoire à une réflexion sur la spiritualité. À travers ce roman, Éric‑Emmanuel Schmitt nous emmène dans l’Antiquité, entre l’Empire romain et les débuts du christianisme. J’ai apprécié la manière dont l’histoire est racontée ainsi que les questions que le livre soulève sur le pouvoir et les croyances. La plume de l’auteur est toujours aussi belle et fluide, ce qui rend la lecture agréable. Le personnage de Noam est également intéressant à suivre dans son voyage et dans sa réflexion sur le monde. Toutefois, le récit comporte peu de rebondissements, ce qui peut rendre certaines parties plus calmes ou parfois un peu complexes.

🧜‍♀️ La sirène, le marchand et la courtisane  » – Imogen Hermes Gowar

🧜‍♀️ Un soir de septembre 1785, on frappe à la porte du logis du marchand Hancock. Sur le seuil, le capitaine d’un de ses navires. L’homme dit avoir vendu son bateau pour un trésor : une créature fabuleuse, pêchée en mer de Chine. Une sirène. Entre effroi et fascination, le Tout-Londres se presse pour voir la chimère. Et ce trésor va permettre à Mr Hancock d’entrer dans un monde de faste et de mondanités qui lui était jusqu’ici inaccessible. Lors d’une de ces fêtes somptueuses, il fait la connaissance d’Angelica Neal, la femme la plus désirable qu’il ait jamais vue… et courtisane de grand talent. Entre le timide marchand et la belle scandaleuse se noue une relation complexe, qui va les précipiter l’un et l’autre dans une spirale dangereuse.
Car les pouvoirs de la sirène ne sont pas que légende. Aveuglés par l’orgueil et la convoitise, tous ceux qui s’en approchent pourraient bien basculer dans la folie…

🧜‍♀️ Pour ma part, j’y ai davantage vu un roman historique qu’un véritable récit fantastique. L’histoire nous plonge dans le Londres de 1785, avec une atmosphère particulièrement réussie : on ressent les rues animées, les salons élégants, les tavernes bruyantes, les odeurs du port et les forts contrastes sociaux. L’ensemble est immersif et très vivant. On y découvre surtout deux personnages centraux. Angelica, brillante, ambitieuse et pourtant vulnérable, est sans doute la plus marquante. De son côté, Hancock est un marchand sans héroïsme spectaculaire, mais je l’ai trouvé très attachant et touchant dans sa simplicité. Quant à la sirène, mieux vaut ne pas en attendre un personnage flamboyant : elle reste en retrait. L’intrigue progresse par petites touches, davantage sur le plan psychologique que dans le spectaculaire. Ceux qui espèrent un grand mystère surnaturel risquent donc d’être un peu déçus.
Cela reste néanmoins un très bon roman historique, immersif, porté par des personnages complexes et une réflexion intéressante sur le pouvoir et l’ascension sociale.

 📔 Les carnets de l’ apothicaire – Natsu Hyuuga

📔 À dix-sept ans, Mao Mao mène une vie dangereuse. Formée dès son plus jeune âge par un apothicaire des bas-fonds de la capitale, elle se retrouve enlevée et vendue comme servante dans le quartier des femmes du palais impérial. Pour échapper à la mort dans cette forteresse coupée du monde extérieur où complots et machinations se succèdent, la jeune fille doit cacher ses connaissances – bref, se fondre dans la masse.

Mais quand les morts suspectes de princes nouveau-nés mettent la cour en émoi, la passion de Mao Mao pour son art reprend le dessus. À force d’observation, elle découvre le pot aux roses… et se retrouve repérée par Jinshi, un mystérieux haut fonctionnaire à la beauté étrange. Devinant ses talents, il la promeut goûteuse personnelle d’une des favorites de l’empereur. Or, au beau milieu de ce nid de serpents, le moindre faux pas pourrait être fatal à la jeune fille..

📔 J’ai trouvé le personnage principal, Mao Mao, intéressant et j’ai beaucoup apprécié la richesse et le niveau de détail apportés à l’univers de la cour impériale. Les différentes intrigues sont bien construites et les récits historiques m’ont permis de m’immerger facilement dans l’histoire. J’ai également beaucoup aimé les illustrations présentes dans le livre, que j’ai trouvées très belles et qui apportent un vrai plus à la lecture. En revanche, le rythme m’a parfois semblé lent et certaines répétitions dans la caractérisation des personnages ont rendu la lecture un peu plus lourde. J’ai néanmoins particulièrement apprécié les révélations autour de l’histoire familiale de Mao Mao.

🐺Le moulin du loup – Marie-Bernadette Dupuy

🐺 Amours impossibles et secrets de famille : en Charente, les aventures semées d’embûches d’une jeune fille rebelle et d’un bagnard, à la fin du XIXe siècle. Dans la vallée des Eaux-Claires, la jolie Claire, au tempérament rebelle, mène une jeunesse insouciante dans les ateliers du moulin où son père fabrique du papier et la campagne environnante où elle se promène avec le loup qu’elle a recueilli. Bientôt, tout s’effondre : accablé de dettes, son père la promet en mariage au fils d’un riche propriétaire, à qui elle voue une haine farouche. Or, un soir, Claire rencontre Jean, un jeune bagnard en cavale. La passion va lier ces deux êtres que tout oppose. Mais il est des chaînes impossibles à briser.

🐺 J’avais très envie de débuter cette saga, dont beaucoup de personnes parlent, pour me faire ma propre idée de la hype autour de ce livre. La plume fluide et immersive, la richesse des personnages et la description soignée des lieux témoignent du talent de l’autrice, qui parvient à nous faire voyager au cœur de cette région du XIXᵉ siècle. Néanmoins, le récit verse parfois dans un romanesque excessif, où les personnages enchaînent les épreuves sans jamais connaître de réelle accalmie. Je verrai ce que les prochains tomes réservent.

🏮Poupées de Chine- Lisa See 

🏮 San Francisco, 1938. Alors que la guerre se prépare en Europe, l’Exposition internationale s’apprête à ouvrir ses portes. Grâce, Helen et Ruby, trois jeunes femmes aux trajectoires différentes, se rencontrent par hasard au Forbidden City, un cabaret de nuit chic et sélect. Grâce Lee, Américaine d’origine chinoise, a quitté le Midwest pour fuir un père violent. Helen Fong veut échapper au carcan de sa famille chinoise traditionaliste. La sublime Ruby Tom défie quant à elle les conventions de l’époque avec son attitude provocatrice et son ambition sans limites.
Devenues meilleures amies, elles affrontent main dans la main imprévus et revers de fortune. Mais l’attaque de Pearl Harbor vient bientôt bouleverser leurs vies. Trouveront-elles le courage et la volonté de faire de leurs rêves une réalité ?
Dans le monde entier, la critique et le public ont salué le don de conteuse de Lisa See ainsi que son talent pour représenter les relations subtiles et complexes entre les femmes.

🏮 Le roman propose un cadre historique immersif en nous plongeant dans le San Francisco des années 1930-1940, et met en scène trois femmes aux profils très différents, chacune animée par ses ambitions, ses secrets et les épreuves qu’elle traverse. Les thèmes abordés — comme le racisme, la guerre ou encore la solidarité féminine — sont pertinents et donnent de la profondeur au récit. Toutefois, leur traitement reste parfois en surface et manque d’impact. De plus, la conclusion, assez prévisible, ne parvient pas à surprendre et laisse une impression de facilité.

☘ Le secret des Deverill – MONTEFIORE Santa

☘ Deux amies que tout oppose.
Une nation près de se déchirer.
Un château au cœur de toutes les passions.
Irlande, 1900. L’année marque le début d’un nouveau siècle et la naissance de trois jeunes femmes que tout oppose : Kitty Deverill, une noble anglo-irlandaise intrépide aux cheveux roux, Bridie Doyle, la timide fille de la cuisinière, et Celia Deverill, l’exubérante cousine anglaise de Kitty. Mais elles ont grandi ensemble au château de Deverill et une profonde amitié les lie.
Bientôt, leur vie paisible est menacée par la lutte pour l’indépendance de l’Irlande et le château lui-même, bastion de la suprématie britannique, est en danger. Déchirées par la trahison et par un terrible secret, leur monde réduit en cendres, les trois amies semblent à présent irréconciliables. Il n’y a plus qu’une chose qui peut les réunir : leur attachement inébranlable pour le château de Deverill et tous les souvenirs qu’il renferme.

☘ Premier tome d’une saga familiale historique que j’ai beaucoup apprécié 📚, porté par un décor irlandais que l’autrice décrit admirablement bien 🍀.
On y découvre des personnages féminins au caractère bien affirmé, des secrets de famille et des rebondissements vraiment captivants 🔍✨. L’écriture est à la fois accessible et très soignée, ce qui rend la lecture encore plus agréable ✒️💫. C’est pour toutes ces raisons que cette histoire pourrait vraiment vous plaire ❤️.

⏳ L’énigme de Turnglass – RUBIN Gareth

⏳ Côté pile :
Angleterre, 1881. Simeon Lee, un jeune médecin londonien, se rend sur l’île de Ray, au large de l’Essex, à la demande de son oncle, Oliver Hawes. Ce dernier, gravement malade, est persuadé d’avoir été empoisonné. Peu de temps après son arrivée dans l’unique maison de l’île, Turnglass House, Simeon fait une découverte des plus étranges : dans un coin de la bibliothèque se trouve une immense cage de verre, dans laquelle est enfermée une femme. Il s’agit de Florence, la belle-sœur d’Oliver, déclarée folle après avoir tué son mari. Quel secret cache-t-elle vraiment ? La vérité se trouve peut-être dans le journal intime d’Oliver, dont chacune des faces raconte une histoire très différente…

Côté face :
Californie, 1939. Oliver Tooke, célèbre écrivain et fils du gouverneur de l’État, est retrouvé mort. La police conclut à un suicide. Mais cette hypothèse ne convint pas son ami Ken Kourian, jeune acteur qui tente de percer à Hollywood. Ken décide d’enquêter et découvre de nombreux éléments troublants dans le passé de son ami : l’enlèvement de son frère lorsqu’ils étaient enfants et l’internement de sa mère, Florence, dans un asile. Mais pour découvrir la vérité, Ken devra déchiffrer les indices cachés dans le dernier ouvrage d’Oliver, un roman tête-bêche intitulé L’énigme de Turnglass et dont le héros est un jeune médecin appelé Simeon Lee…

⏳ J’ai passé un bon moment dans l’ensemble 😌✨. Les deux histoires sont joliment tissées et nous plongent dans des époques vraiment captivantes ⏳📖. L’univers est crédible et immersif, mais… petite déception pour moi 😕💭.
Je m’attendais à un lien plus fort entre les deux récits, alors qu’ils restent finalement assez éloignés l’un de l’autre 🔗🌫️.
Le concept est pourtant original et prometteur ✨💡, mais tout ne s’emboîte pas parfaitement : beaucoup de zones d’ombre, beaucoup de questions laissées en suspens 🤔🌙.

🏡 La maison aux sortilèges – HART Emilie

🏡 Trois femmes extraordinaires séparées par quatre siècles.
Un roman captivant sur la puissance des femmes et le pouvoir de la nature.
2019. Kate fuit Londres pour se réfugier dans une maison délabrée dont elle a hérité. Avec son lierre dégringolant et son jardin envahi par les mauvaises herbes, ce havre de paix la protège de son compagnon violent. Kate sent toutefois qu’un secret s’y tapit…
1942. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, Violet est cloîtrée dans le grand domaine familial, étouffée par les conventions sociales. Elle vit avec le souvenir de sa mère, dont il ne lui reste qu’un mystérieux médaillon et une inscription étrange sur le mur de sa chambre.
1619. Altha connaît les secrets des plantes, savoir ancestral transmis de mère en fille. Nombreux sont les villageois à venir lui demander de l’aide. Pourtant, quand un fermier meurt piétiné par son troupeau, tous la pointent du doigt et l’accusent de sorcellerie.

🏡 📖 Le roman suit trois protagonistes — Altha (1619) 🕯️, Violet (1942) 🌹 et Kate (2019) 🌆 — ce qui permet d’explorer des époques très différentes ⏳ tout en montrant des filiations, des héritages et des résonances entre leurs trajectoires 🔗.

💪 Le livre met en lumière le combat des femmes 👩‍🌾👩‍🎓👩‍🦰 face à l’oppression ⚖️, les liens à la nature 🌿🍃, la sorcellerie 🔮.

🏡 Le décor, les maisons familiales, le mystère de la nature 🌕🦉 : tout cela crée une ambiance très roman gothique moderne 🖤, sans être totalement fantastique.

✨ La maison aux sortilèges est un très bon premier roman, ambitieux et réussi 🌟 dans ce qu’il cherche à faire : un portrait sur plusieurs siècles de femmes ⏰ liées par une même histoire 📜, un même lieu 🏰, une même nature 🌳.

💫 Si vous aimez les récits féminins, les ambiances de mystère 🌫️, les maisons anciennes 🕰️, les liens à la nature 🍂, vous y trouverez beaucoup à apprécier ❤️.